
Le saviez-vous ?
Le Château Saulnier regorge de petites histoires, de souvenirs et d’anecdotes parfois oubliées. Comme toutes les vieilles demeures, il conserve dans ses murs la mémoire de celles et ceux qui l’ont traversé, habité, défendu ou transformé. Derrière ses tours, ses cours et ses pierres anciennes se cachent des récits de guerre, de vie quotidienne, de transmission familiale et de légendes locales. Il suffit parfois de s’arrêter, d’observer ou d’écouter le silence pour deviner les histoires que le château murmure encore aujourd’hui.
Richard Coeur de Lyon à la source de notre histoire
En 1199, Richard Cœur de Lion assiège le château de Châlus et meurt d’une blessure reçue lors du siège. L’un de ses lieutenants, Tony Lassalas, décide alors de rester dans la région avec une cinquantaine de ses hommes. Il aurait déclaré :
« Nous comptions sur notre part d’un prétendu trésor… le véritable trésor se trouve là où les hommes savent travailler. »
Suivant le cours de la Dronne, Tony Lassalas s’installe dans les lieux les plus agréables de la vallée et de ses coteaux.
La première initiative des Anglais consiste à creuser de larges et profonds fossés afin de détourner les eaux vers la rivière et d’assécher le terrain. Ils édifient ensuite une petite bastille à tourelles crénelées, aujourd’hui disparue, ainsi qu’une petite église placée sous le patronage de Saint Front, qui deviendra l’église actuelle du village.

Les Anglais demeurent à Saint-Front pendant près d’un siècle, avant de quitter les lieux vers 1295.
Plus tard, la tradition raconte qu’un gentilhomme périgourdin, jugeant ce premier castel trop modeste, fit bâtir un second château environ trois cents mètres plus au sud, nous y sommes !
700 ans d'histoires

Le château est édifié entre le XIIIᵉ et le XVIᵉ siècle. À l’origine, ses douves étaient alimentées par la Dronne, qui coule à environ deux cents mètres à l’ouest.
Les documents anciens mentionnent la seigneurie dès le règne de Saint Louis. Connue alors sous le nom de Las Boudias, elle appartenait à Seguin de Saint-Pardoux. La noble famille de Maumont, d’origine limousine, en fut propriétaire pendant une longue période, donnant son nom de Salle de Maumont au château.
Par mariage, sous le règne de Charles IX, le domaine passe dans la famille des Roux de Lusson, ancienne famille périgourdine. En 1657, Gabriel de Saulnier épouse Anne de Roux et donne au château le nom qu’il porte encore aujourd’hui : le Château Saulnier.
Détruit à deux reprises durant les guerres anglaises, le château reste longtemps en ruine avant d’être reconstruit au XVIᵉ siècle.
Des pierres à l'histoire unique
LA COUR DU PUITS
La maison forte médiévale du XIIIᵉ siècle, composée de deux corps de logis en retour, reliés par une tour ronde qui a conservé son dispositif défensif. Depuis cette tour, il était possible d’observer sans être vu afin de protéger l’entrée. Un bâtiment à usage de communs, disposé en retour, délimitait la cour intérieure. Il abrita pendant longtemps l’école du village.
LE PUITS
Dans la cour, au pied de la tour du XIIIᵉ siècle, se trouve un puits couvert d’une toiture en pierre reposant sur une corniche débordante portée par quatre piliers carrés.
Il s’agit de l’un des plus beaux exemples en Périgord de puits à auvent voûté de la Renaissance.


LA TOUR RONDE
En 1454, la maison forte est transformée en château par la construction de la grande tour ronde située à l’angle nord-est. Elle est couronnée d’un chemin de ronde sur mâchicoulis à trois redans. La tour présente près de cinquante pieds de circonférence (environ vingt-cinq mètres). Dans la saillie de la galerie circulaire soutenant la charpente, des mâchicoulis permettent de défendre le pied de la tour, tandis que des meurtrières battent la campagne environnante.

MÂCHICOULIS ET MEURTRIÈRES
Dans l’épaisseur des murs, on distingue encore des embrasures obliques et inclinées destinées à surveiller les abords des portes d’entrée. Le château, qui aurait compté jusqu’à cinquante bouches à feu, semble avoir été conçu pour soutenir plusieurs assauts, comme en témoignent les balles de fer de deux à trois onces retrouvées autrefois à proximité. Les façades furent ensuite agrémentées de fenêtres à meneaux et de lucarnes à fronton triangulaire.
LA TOURELLE
Sur la façade nord subsiste une tourelle ronde, située à l’angle du bâtiment primitif. D’architecture rare en Périgord, elle est aujourd’hui intégrée dans la façade agrandie au XVIᵉ siècle.
LES DEUX TOURS CARRÉES
Deux pavillons carrés furent élevés en saillie, face à la Dronne.

« Les demeures anciennes parlent à l’imagination plus qu’aucun livre. »
FRANÇOIS-RENE DE CHATEAUBRIAND
